Origine du projet
En 2006, dans le cadre de la Bourse de Travail Parallèle, un espace a été proposé pour les documents transmédiatiques ayant trait à la représentation et à l’autoreprésentation des travailleur·euses sur leur lieu et durant leur temps de travail. Il s’agissait de maintenir actifs les rapports aux enjeux tels que l’ambiguïté des jeux de rôles endossés par les salarié·es au travail et les possibilités de renversement de la mascarade salariale par des formes d’autoreprésentations.
La BTP offrait donc l’occasion d’initier un appel à contribution dédié aux différentes formes d’autoreprésentation au travail : photographies, vidéos, sons, textes, objets détournés…
Toutes les pratiques d’autoreprésentation réalisées sur les lieux de travail sont les bienvenues pour enrichir cette archive collective et prolonger cet échange entre travailleur·euses. Cet appel à contribution est toujours d’actualité et vous pouvez participer à cette galerie d’autoreprésentations au travail en contribuant ici :










Swap photo at work / Échange de photo au travail
En juin 2007, l’occasion d’une nouvelle exposition du collectif Au travail / At work à la Toronto Free Gallery (du 28 juin au 28 juillet 2007) a permis de proposer aux membres de ce réseau et au public présent, un espace d’échange d’autoportraits au travail.

Il s’agissait de poursuivre cette logique d’échange non-marchand tout en mettant l’accent sur l’enjeu – y compris même peut-être politique – de s’essayer à trouver des formes d’autoreprésentation pour les travailleur·euses. Sur la base d’un protocole d’échange, à la façon d’un don / contre-don, l’objectif était de collecter, petit à petit, d’autres autoportraits au travail pour enrichir les archives et la « base de documentation » de la Bourse de Travail Parallèle.

Pour ce faire, j’envoyais donc au Canada une grande enveloppe avec plusieurs photographies de différents autoportraits au travail que j’avais également tiré sur les machines du labo pour lequel je travaillais alors.


Ces photographies autoproduites étaient présentées dans des « post-a-photo » – des cartes postales personnalisables (que l’on peut exposer tels des cadres photographiques « à poser ») que j’avais escamotées sur mon lieu de travail – et placées à disposition du public.

Ce dispositif prenait alors la forme d’une incitation au troc puisqu’en échange des photographies placées à leur disposition, les at-workers canadiens étaient invités à contribuer en prenant également une « post-a-photo » – une carte « vierge », mais déjà prérédigée à mon nom et à mon adresse postale de destination –, afin d’y insérer une photographie de leur autoportrait au travail puis de me l’expédier en retour.


En somme, ce protocole tendait à créer un « pont postal » entre les at-workers situés des deux côtés de l’atlantique. Deux « post-a-photo » ont franchi l’océan : celle de Dominique Sirois puis celle de Dominic Gagnon.
J’ai été particulièrement touché de les recevoir, car cela signifiait que tous les deux avaient consenti au protocole proposé et qu’ils avaient accepté de prendre le temps de participer à cet échange de cartes postales en suivant alors les anciennes règles édictées par la planète de l’art postal ou du mail art1, mais à l’ère des courriels électroniques transmis à la vitesse d’un clic.
Notes
- Au sujet du Mail art voir notamment Jean-Marc Poinsot, Mail art, Communication à distance, Concept, Paris, Cedic, novembre 1971 ; et Jean-Marc Poinsot, « Mail Art et envois », Nouvelles de l’estampe [En ligne], 239 | 2012, mis en ligne le 15 octobre 2019, consulté le 8 décembre 2020 sur le site DOI : https://doi.org/10.4000/estampe.1035 ↩︎

